08 septembre 2009

La Caillach

C’est ma sous-personnalitésous-personnalité la plus Noire. Celle qui m’effraie le plus. Destructrice et même parfois autodestructrice, elle est très difficile à contrôler.

En y repensant, elle ne s’est pas toujours exprimée je crois. Ou alors pas de la même façon. Je sais qu’enfant, j’étais très calme, je pleurais très peu, je me mettais très peu en colère. Dans mes souvenirs, je me souviens surtout des colères de ma jeune sœur, et je me souviens aussi d’en avoir été effrayée. Elle était aussi incontrôlable et colérique que je pouvais être calme, attentive et facile à occuper. Je ne me rappelle pas d’avoir cassé des objets ou des jouets. J’étais même très soigneuse avec le peu d’affaires que j’avais.

Quand s’est donc manifestée la Caillach en moi ? A l’adolescence je crois. Et encore, de façon très sournoise. Ne pouvant échapper à mon carcan familial, la Caillach s’est manifesté contre moi. Je me souviens dès le collège d’avoir passé des hivers très longs, très tristes et très solitaires. Peut-on être déjà un peu dépressif à cet âge là ? Je ne le sais. Une sorte de dépression latente. Ensuite les années de lycée, ou tout en continuant à pratiquer tout un tas d’activités créatrices, j’étais de plus en plus amorphe. Une année on a du me mesurer un pouls à 8/6, presque plus de réflexes. Je dormais des heures et des heures par nuit, mais j’étais toujours aussi fatiguée. On m’a gavée de magnésium. Je crois que c’est le retour du soleil au printemps qui m’avais remise d’aplomb… jusqu’à l’hiver suivant. Et ce fut ainsi pendant des années. De longs mois d’idées noires. Des années plus tard, des scandinaves m’ont parlé du syndrome de dépression saisonnière, pris très au sérieux dans leurs pays. Mettre des mots sur une partie du mal qui me rongeait m’a permis d’en sortir un peu.

Être prise au sérieux.

Voilà peut-être ce dont avait besoin la Caillach aussi. Que je reconnaisse son existence. Son Pouvoir.


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