L'éponge
Une période un peu agitée en ce moment. Beaucoup de mouvement, d'émotions, de signes, et autant de raison de regarder ces émotions-là en face. Il y avait longtemps que je n'avais pas repris le chemin des sous-personnalités. Je reviens parfois sur celles que j'ai identifiées, mais je ne suis pas partie explorer de nouveaux horizons de mes mondes intérieurs depuis un moment.
L'Eponge.
C'est presque l'Arbre qui cache la forêt. Comment ne l'ai-je pas identifiée plus tôt ? Pourquoi ne suis-je pas allée à sa rencontre plus tôt ? Comme toujours, ce qui est fondamental est aussi plus profond. J'avais aussi tournée en rond avant de mettre le doigts sur la sous-personnalité de la Caillach.
Et pourtant l'Eponge, comme la Caillach entretient des liens très forts avec mes autres sous-personnalités. Avec la Chouette Intello tout d'abord. Elle est ce qui fait que j'apprends si vite, que je comprend aussi très vite les choses, les situations. C'est un peu le même genre de rapport avec la Fée aux Doigts Magiques.
Mais cette force a aussi sa part d'ombre. Elle absorbe les énergies, les émotions autour d'elle. Sans vraiment faire le tri. L'éponge fait parfois croire à l'enfant abandonnée que les émotions qu'elle absorbe ainsi sont les siennes : doutes, tristesse, angoisse, détresse. Et l'enfant abandonnée se laisse bien souvent submerger. En revenant sur des épisodes particulièrement difficiles de ma vie, je sens bien que la façon dont je les ais vécus n'était pas seulement la mienne. S'y mêlaient les attentes de mon entourage. Leurs névroses. Leurs angoisses. Je sais que j'ai toujours été particulièrement sensible à la détresse des autres. Depuis toujours. Mais je n'avais pas compris à quel point le fait de faire ainsi miennes leurs émotions ne m'aidait en rien et au contraire me détruisait. Je comprend à présent mieux pourquoi cette profonde tristesse qui est toujours restée présente en moi pendant des années n'était pas la mienne. Je n'ai jamais été une personne triste. Enfant, j'ai toujours été très sensible, j'ai toujours beaucoup pleuré, mais j'ai toujours été une personne légère, qui voit ce qu'il y a de beau et de positif en tout. Je le suis redevenue par la suite bien sûr.
Je suis toujours étonnée de voir à quel point je retrouve des émotions, des façons d'être, de voir la vie qui étaient celles de ma petite enfance. Comme si Enfant j'avais vraiment été "plus moi". Bien des philosophies/religions le disent avec d'autres mots. La vérité sort de la bouche des enfants. Quand me suis-je donc perdue ? Je suis heureuse de sentir que je suis de plus en plus proche de cette belle enfant que j'étais.
L'Eponge à aussi ses affinités avec Mamie Nova. Submergée par les désirs des autres, Mamie Nova n'a pendant longtemps cessé de les faire passer avant sa propre survie. La aussi je fais du chemin. J'apprends à dire non. Et pour mon plus grand bonheur. Dire oui à tout est tout sauf de la générosité. Dans ce domaine, j'ai reçu la plus magistrale leçon qui soit cette semaine. Au dernier moment, une vague connaissance - que d'ailleurs je n'apprécie pas du tout - tente de s'inviter par l'intermédiaire de l'un de mes meilleurs amis. Mon chéri ayant reçu le mail en premier s'en rendis presque malade. Nous en avons longuement parlé. Non, je ne voulais même pas rencontrer cette personne qui ne prend même pas la peine de nous le demander directement, non je ne sais pas ou il peut être héberger, non, je ne vois qui il peut rencontrer en ville pour son projet. Et ce fut ma réponse. Sans justifier du pourquoi je ne pouvais l'aider. Le fait qu'on me demande quelque chose me laisse le choix de répondre non, c'est ce que j'ai fait.
Le jour même nous avions fait une merveilleuse balade dans un très beau quartier, et même fait les vitrines des agences immobilières. Mardi, en fouinant sur Internet parmis les annonces de ce quartier, j'ai trouvé les photos de l'appartement de nos rêves. Téléphoné. Pris rendez-vous. Nous avons visité. Vu avec notre proprio pour quitter notre appart actuel. Revisité pour faire des vérifs. Négocié le loyer et 2/3 travaux. Envoyé des mails pour trouver des déménageurs. Cherché de la peinture pour l'appart que nous quittons. En une semaine, une toute petite semaine, nous avons trouvé l'appartement de nos rêves. Sans trop se fatiguer. Parce que nous étions disponibles et ouverts. Parce que nous n'étions pas en train de rendre des services à des personnes à qui nous ne devons rien. Parce que nous avons enfin su dire non. Parce que nous en avons le droit. Et le devoir aussi d'être honnêtes envers nos sentiments et valeurs.